Mon virus à moi

C’est en Patagonie, ce jour là, telle une évidence j’étais contaminé : le virus du voyage était en moi.

Dans la vie de tous les jours, il y a les mauvais virus, ceux qui font mal à la tête, au ventre ou pire. Moi, mon virus à moi est un bon virus. Il me fait rencontrer des gens, voir des paysages, me pousse à aller de l’avant et fait que je profite à pleins poumons de la vie.

Ce virus je l’ai attrapé au bout du monde, tout en bas de la planète, dans la ville la plus au Sud du Monde à Ushuaïa en pleine Terre de Feu. Je voyageais déjà entre Buenos Aires et la Patagonie depuis 3 semaines. J’avais vu des pingouins, des baleines, rencontré et parlé avec d’autres voyageurs et des locaux. Mais le matin ou j’ai attrapé le virus était un jour différent, le réveil avait sonné à 5h du matin, car je devais prendre un bus. A une heure pareille, toute personne normalement constituée aurai eue une sale tête, pas moi, je regardais pendant de longues minutes la vue. Se trouvaient la baie, Ushuaïa, entre les montagnes, la neige, la mer et les nuages. En me retournant je voyais le bordel qu’il y avait dans cette auberge de jeunesse, des sacs partout, des cartes du monde par terre. J’avais aimé cette ambiance. Dehors il faisait plus que froid. Température de -5 degrés mais j’étais heureux. Je soufflais à pleins poumons et je prenais de grandes bouffées d’air pur loin de toutes agglomérations. En montant dans le bus je me posais ces deux questions qui se posent à présent chaque fois que je voyage : Qui je vais rencontrer d’extraordinaire ? Et que vais-je voir d’extraordinaire ? Et c’est dans le bus que l’évidence m’a sautée dessus. Ces deux questions étaient essentielles pour moi. Découvrir le monde, découvrir la planète, les gens, leur histoire. Ma vie ce matin-là a changée, j’ai attrape le plus beau des virus. Le virus du voyage.

Après 3 mois de voyage en Amérique du Sud, l’idée de faire un tour du monde commençait a germer. Il m’aura fallut finir mes études (Master 2 en Droit Européen du Travail) et gagner le plus d’argent possible. C’est dans la meilleure des colocs toulousaines que j’ai préparé pendant trois ans, mon périple. Mes parents ne m’ont jamais fait douter. Une fois j’ai entendu mon père dire à un mariage : « Je suis content Yohann travail à Nespresso et il s’est fixé« . Mais quand je lui ai parlé du voyage, il a compris direct que, ce que je souhaitais, c’était voyager. Et comme il a fait un bout du périple avec moi en Argentine au paravent, il a bien compris mon envie de voyage.

Au début l’idée était de partir un an avec un billet d’avion Tour du Monde de OneWorld, mais plus j’allais sur les forums de voyage et plus je sentais que ce périple d’un an serait plus une course contre la montre. Le programme s’étalera donc sur 3 ans…voir 5.

Depuis je suis sur les routes du monde, depuis plus de 650 jours a toujours me poser ces deux questions : Qui vais je rencontrer d’extraordinaire et que vais-je voir de fabuleux. Je dois vous laisser, j’ai rendez vous dans quelques heures avec la Grande Barrière de Corail et je dois préparer ma plongée…encore une aventure, encore la découverte du monde… marine, cette fois-ci.

Yohann Taillandier