J’ai une certaine émotion à écrire cet article. Car cela me fait un retour en arrière à l’époque de l’Argentine et de Buenos Aires. Mon premier jour sur Buenos Aires ne fut pas comme je l’aurai pensé. Il faisait froid, il pleuvait et sur les murs de la capitale Argentine je pouvais voir différentes affiches avec comme écriteaux : « Ou sont nos disparus? ». En marchant quelques mètres je venais de me prendre une sacrée baffe, toute la journée j’étais resté sur le net à apprendre l’histoire moderne de l’Argentine et notamment la période dictatoriale.

Guatemala City, les murs pleurent les disparus de la guerre civile.

Guatemala City, les murs pleurent les disparus de la guerre civile.

A « Guate » (Guatemala City), c’est un bis répétita, une autre claque. Alors que je cherchais mon hôtel, j’ai vu deux ou trois feuille A4 en noir et blanc avec comme écriteaux « Ou sont nos disparu ». On ne s’y fait jamais!. Sauf que là, je connaissais l’histoire. Je suis au Guatemala depuis 2 semaines, Carlos m’en avait parlé longuement et j’avais bien lu les guides qui relatent l’histoire du Guatemala.  Tout commence du point de vue historiquement pourtant parfaitement, trop parfaitement :

–          En 1945, le Guatemala élit un président philosophe.  Ce dernier institua le système national de sécurité sociale, créa un service gouvernemental chargé des affaires indigènes et modernisa le système de santé.

–          Son successeur, Jacocbo Arbenz, continua le chemin des réformes et de modernisations du pays. Il mis en place une réforme agraire destinée à supprimer les grandes propriété et expropria la fameuse United Frui (USA) pour que les terres soit redistribués aux paysans. En 1954, les USA ont organisé dans le cadre de l’une des premières opérations de la CIA , l’invasion du Guatemala en aidant financièrement et en armement deux officiers guatémaltèques.

–          Le président démissionna, le coup d’Etat fut un succes. Puis, plusieurs militaires son élus grâce aux soutiens des financiers (qui gouvernent le monde actuel), des USA (qui gouverne encore un peu le monde actuellement) et de l’Eglise Catholique, là c’est pas jolie! Le Guatemala s’enfonce, l’opposition est décimé, le pays s’enfonce dans le chaos avec des milliers de disparu et de mort. Une des mesures phares étant d’interdire le vote des illettrés soit 75% de la population! (Je suis fou en ecrivant ces lignes! Comment l’eglise a pu fermer les yeux au mieux et au pire participer à cette mascarade! Et surtout avec tous ce qui s’est passé comment se fait il que le Guatemala n’est toujours aucun partie de gauche!)

–            Bref, en 1979, Amenesty International estimait  que 50 000 à 60 000 Guatémaltèque étaient morts! Dans les années 80, alors que les paysans tentent de former un groupe de guérilleros, la dictature sous la présidence d’un évangéliste massacre une grande partie des indiens pour lutter contre…le communisme. Oncle Sam, toujours et encore les USA aux manettes! Cette période bien triste du pays à un nom: Le balai. Durant cette periode 15 000 morts son compté. On approche alors dangereusement les 100 000 morts alors que les USA regardent sans rien dire. Ah oui, c’est pour éviter le communisme que l’on fait cela! Et l’Eglise ne bouge toujours pas: Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé! 100 000 Guatemalteques quittent alors le pays pour le Mexique.

–            En 1986, une colombe a due s’écraser sur une des fenêtres de la Maison Blanche car surprise les USA cette année là, suppriment l’aide militaire au Guatemala! ENFIN!

–             Et ce n’est qu’en 1996, j’en tremble, que le Guatemala pouvait enfin presque respirer avec des accords de paix! Au passage: Madame Clinton vous faites bien avec la France de demander la fin des bombardements en Syrie. Sur le coup je vous suis. Bombarder sa propre population est je pense l’acte le plus INADMISSIBLE qu’il soit. Cependant, je ne vous ai pas entendu, et quand je dis vous je parle des USA en générale sur la relation que vous entretenez avec les pays d’Amérique Centrale. Car ne croyez pas que c’est de l’histoire ancienne, le Honduras à connu un coup d’Etat en 2009. Combien de coup d’État avec leurs mots pour vouloir sauver les entreprises US? Car la situation chaotique du Guatemala et donc une conséquence de ce qu’ont fait les USA.

Guatemala City, les murs pleurent les disparus de la guerre civile.

Guatemala City, les murs pleurent les disparus de la guerre civile.

C’est ainsi qu’avec cette histoire, sur les murs de la capitale se dresse des milliers de feuilles A4, des familles, des parents, sœurs, enfants qui cherchent toujours et encore leurs proches ! Ou sinon des feuilles A4 pour demander justice dans les massacres perpétués par l’Armée guatémaltèque contre les populations essentiellement les plus pauvres.

Guatemala City: Justice ou sont-ils?

Guatemala City: C’est ici qu’il y a eu le genocide. Justice

Alors je marche puisque je dois découvrir la ville, je m’arrête quand même à 100m de mon hôtel. Une maison attire mon attention. Les feuilles A4 y sont par milliers, elles tapissent  parfaitement le crépis du mur. Et il y a des inscriptions : Justice, maison de l’horreur, ou sont nos disparue, la dictature continue, fini l’impunité. Il ne fait aucun doute que je me trouve dans un centre clandestin qui avait pour but de tuer les opposants à la dictature. Alors je reste plusieurs minutes à lire les feuilles, à lire les peines des familles. A lire le troue béant d’un pays qui ne veut pas oublier comme Buenos Aires et qui demande justice. Le Pérou, l’Uruguay je n’ai pas vu ce sentiment de révolte, de justice que demande la population. La page n’est pas encore retourné, les criminels doivent et devront payé.

Guatemala City: Toujours les demandes de justice avec les photos des disparus.

Guatemala City

Et je fais un acte de résistance, alors que je lis les feuilles, des militaires justement viennent à ma rencontre. Ils ne me parlent pas mais je comprends bien vite que ma présence avec ma caméra pose un petit problème, comme une tension. Peuvent-ils croire que je fasse partie d’une association internationale de justice. Ils sont 5 me regardent, je les regarde et je ne compte pas partir. Pire je pense à mon article et à mon blog alors je sors la caméra et je prends tous ce que je peux prendre. Je reste plus de 1h sur ce trottoir grand.

Guatemala City.

Guatemala City: Ici les morts continuent de vivre!!!

Je dédie cet article aux toulousains qui sont partie étudier avec moi à Buenos Aires. Step, Arthur, Vincent, Bastien, Manu, Marion, Marie. Également à ceux que j’ai rencontré du coté du Guatemala et du Rio Dulce (il se reconnaitra). Et enfin, je pense qu’aujourd’hui plus qu’hier il faut expulser du pouvoir par les urnes les forces conservatrices qui n’amène rien de bon et je fais un énorme coucou à tous le MJS31 ( Vincent, Alex, Ben, Laura et tous les autres! A écrire cet article j’ai beaucoup pensé à vous.

Yohann Taillandier (http://yoytourdumonde.fr)

 

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